Découvrir la maison solaire passive

Si on vous dit « maison solaire », vous imaginez peut-être une habitation recouverte de panneaux photovoltaïques, misant tout sur le…

Nicolas Deborde
maison solaire passive

Si on vous dit « maison solaire », vous imaginez peut-être une habitation recouverte de panneaux photovoltaïques, misant tout sur le rayonnement solaire. Une maison capable de produire l’énergie à partir du solaire, que ce soit pour l’électricité ou même pour le chauffage. Alors, oui, il y a de ça. Mais pas uniquement ! Qui dit maison passive, dit aussi habitat bioclimatique, ventilation et circulation de l’air, isolation et inertie. Votre curiosité est piquée ? Tant mieux ! Car le solaire passif est un petit bijou d’ingéniosité (bien plus ancien qu’on pourrait l’imaginer, d’ailleurs). Alors, sur quels principes est construite une maison solaire passive ? Quels sont ses avantages et ses inconvénients ? Maison passive et rénovation font-elles bon ménage ? Suivez le guide. 

Qu’est-ce qu’une maison solaire passive ?

Une maison solaire passive, c’est une maison dont l’orientation est optimisée pour capter un maximum d’ensoleillement et bénéficier de l’énergie solaire. Ses matériaux font preuve d’une belle inertie, capable de restituer la chaleur accumulée (en hiver) ou de l’occulter (en été) pour conserver la fraîcheur. La maison passive n’a donc pas besoin de chauffage (ou du moins quasiment pas !) ni de climatisation. C’est une habitation qui garantit à ses occupants de belles économies d’énergie, car elle consomme très peu, pour se chauffer notamment. Or, le chauffage est clairement énergivore, c’est même l’un des postes de dépense principaux, surtout s’il est électrique ! 

La maison passive est donc gagnante, à plusieurs niveaux. D’abord, elle a une empreinte carbone extrêmement faible, comparée à une maison classique, puisqu’elle fait la part belle au solaire : énergie renouvelable par excellence. Elle se hisse donc au sommet des premières de la classe en matière d’écologie ! Et c’est aussi une habitation qui affiche un très bon score en termes de diagnostic de performance énergétique (DPE). 

L’habitat passif s’appuie sur un design et une technologie de pointe. Pourtant, il n’est pas aussi récent que vous pourriez l’imaginer. Son principe existait déjà au temps des Romains qui cherchaient profiter d’une chaleur naturelle l’hiver et d’une régulation l’été. L’architecture des bâtiments était donc prévue pour pouvoir en profiter confortablement toute l’année ! La clef ? Maintenir des températures stables en intérieur, quelle que soit la saison. La maison passive d’aujourd’hui a évolué, mais son but ultime reste inchangé. Il s’agit de la penser dans les moindres détails architecturaux pour limiter les déperditions énergétiques. Forme, orientation, ventilation, inertie, vitrages bien exposés, isolation thermique… rien n’est laissé au hasard. 

Règles, conception et design bioclimatique

Les matériaux utilisés pour la construction d’une maison solaire passive sont primordiaux. Béton, argile, bois, brique : ils forment la masse thermique, qui garantit l’inertie en stockant la chaleur pour la restituer au moment où les températures baissent. Mais ils ne font pas tout ! L’orientation de cette maison particulière n’est pas à prendre à la légère. D’ailleurs, elle a tout d’une maison bioclimatique qui s’insère parfaitement dans l’environnement qui l’accueille (exactement comme le fait la maison autonome). Tout en cherchant à capter un maximum de rayons du soleil, elle devra veiller à ne pas se muer en fournaise l’été. D’où la nécessité de compter sur la végétation environnante, pas trop dense cela dit, pour laisser passer les rayons. Mais aussi de prévoir des masques solaires : ces auvents qui limitent la surchauffe.

Ses ouvertures et ses fenêtres occupent une place importante sur sa face exposée sud, sans dépasser les 25 % de surface totale. En toute logique, les pièces à vivre sont orientées plein sud elles aussi, le garage ou la salle de bain plutôt au nord, les chambres à l’est ou à l’ouest. Et on n’oublie pas l’orientation du toit ! Qui devra être optimal pour suivre la course du soleil et maximiser le rendement des panneaux solaires

Label Passivhaus

La certification allemande Passivhaus oblige la maison solaire passive à répondre à des critères stricts. Ses besoins annuels en chauffage ne doivent pas dépasser les 15 kilowattheures (kWh) par mètre carré. Et ses besoins énergétiques totaux ne doivent pas excéder, eux, les 120 kWh par m2, à l’année. Comme tout est toujours affaire de perspective, sachez que la consommation en chauffage d’une maison classique tourne plutôt autour de 110 kWh. Et ce, pour une maison jugée efficace ! 

Norme BBC

La norme bâtiment basse consommation énergétique (BBC) correspond, en France, au label allemand dont on vous parle juste au-dessus. Cette norme englobe les maisons solaires passives, les bâtiments basse consommation (qui produisent autant d’énergie que celle consommée). Et aussi les bâtiments à énergie positive (BEPOS, qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment).

Avantages et inconvénients d’un habitat passif

De belles économies d’énergie, quasiment pas besoin de la chauffer l’hiver… mais quels peuvent bien être ses inconvénients ?

La maison passive et ses inconvénients

L’inconvénient majeur de ce type d’habitation, ce sont les contraintes induites par son emplacement. Les citadins auront d’ailleurs beaucoup de mal à trouver le terrain de leur rêve en zone urbaine. La maison solaire passive doit pouvoir s’implanter sur un vaste terrain, bien dégagé, qui lui permet de capter le moindre rayon du soleil. Un peu comme dans le cas des panneaux solaires, les ombres portées seront à bannir, mais à grande échelle ! Exit donc les bâtiments voisins trop hauts, les arbres touffus qui bloquent la vue et l’ensoleillement, ou des collines trop proches. Au-delà de son emplacement, l’architecture elle-même s’en tiendra à des règles strictes et fonctionnelles. Oubliez les baies vitrées plein nord, même si la vue est agréable de ce côté-là ! L’architecte qui prend en charge votre projet devra être minutieux dans son étude et ses plans… qui vous coûteront d’ailleurs plus cher que ceux d’une maison standard. Et c’est sans compter les matériaux biosourcés haute qualité ! À noter, son isolation devra être doublée, ce qui alourdira aussi la facture totale. 

Les avantages d’une maison solaire passive

On l’a vu dès le départ, la maison passive cumule également les avantages ! Les économies d’énergie qu’elle offre sont réelles et cette autonomie énergétique est bienvenue alors que les prix de l’électricité ne cessent de grimper. Le chauffage solaire de la maison passive achève de la rendre compétitive : lorsque l’inertie n’est pas suffisante, les panneaux thermiques prennent le relais. Et puisqu’on parle d’énergies renouvelables, notez que c’est une maison qui participe activement à la transition énergétique, son bilan environnemental n’ayant franchement pas à rougir. Bonus non négligeable, la chaleur homogène dégagée par l’inertie thermique vous offre un confort incomparable en intérieur, au fil des saisons. 

Comment rendre sa maison passive ?

Maintenant que vous connaissez le fonctionnement d’une maison solaire passive, vous vous doutez que la meilleure option est la construction neuve. Le choix du terrain, son emplacement et son orientation étant cruciaux. Le solaire passif se prête donc assez mal au jeu de la rénovation… En revanche, vous pouvez parfaitement améliorer la performance de votre maison classique ! Vous commencerez par établir un bilan énergétique de votre logement actuel, histoire de repérer ses faiblesses et surtout les ponts thermiques par où s’échappe la chaleur. 

Sachez qu’à la construction, une maison passive vous coûtera 20 % plus cher, au bas mot. Mais son prix dépendra aussi de l’environnement géographique dans lequel vous l’implanterez : Nord et Sud n’étant pas tout à fait égaux en besoin d’isolation ! Son système de ventilation devra être ultra-performant, ce qui implique un certain budget. Heureusement, les économies d’énergie futures rentabiliseront les coûts de départ !


Vous voilà au point sur la maison solaire passive, ses atouts, ses contraintes et son architecture particulière. C’est une maison qui mérite son étiquette d’habitat écologique, respectueuse de l’environnement dans lequel elle s’insère à merveille. La rénovation d’une maison classique pour en faire un habitat passif se révélera sans doute être un véritable casse-tête architectural… Même si améliorer la performance de sa maison est toujours un beau projet ! À ce titre, et si vous ne savez pas par où commencer, l’installation de panneaux solaires photovoltaïques est un excellent point de départ ! Le kit Beem a d’ailleurs tout pour plaire : il s’installe soi-même en un temps record, se déplace facilement au besoin et vous fait faire des économies immédiates !